Parrain & Marraine, qui sont-ils vraiment ?

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Chers tous,

Voilà maintenant plus de deux semaines que je vous avais annoncé les prémices de la rédaction de cet article sur les « Parrain & Marraine », pour lequel nous pourrions aujourd’hui presque parler « d’accouchement difficile », tant il a tardé à voir le jour !

Pas que je n’aie rien à dire sur le sujet, non, mais plutôt que j’aie rencontré des difficultés à choisir l’angle sous lequel l’aborder. Loin de moi l’idée de vous convaincre de nommer des parrain/marraine pour votre progéniture, de vous donner des règles pour les choisir ou encore de vous dicter le comportement à adopter si l’on vous a confié cette tâche ! Il s’agit plutôt de partager un point de vue, de vous faire part de quelques témoignages recueillis et de vous donner ma réponse à cette question :

« Mais qui sont-ils vraiment »?

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Pour commencer, un parrain et une marraine, c’est quoi?

Quand on parle de parrain/marraine, on pense de suite « religion » (non? pas vous?). Et ce n’est pas pour rien! En effet, l’institution des parrains pour les baptisés remonte à l’origine même de l’Eglise chrétienne! C’est donc avant tout un concept religieux, dont la définition est la suivante: (un parrain est) « celui qui tient un enfant sur les fonts baptismaux et qui, ensuite, veille à son éducation religieuse ».

(Avant d’aller plus loin, je tiens à rappeler que je ne suis ni historienne, ni sociologue, ni psychologue, ni spécialiste des religions, que mes propos n’engagent que moi et que je ne suis pas à l’abri de dire une bêtise, même si je sélectionne scrupuleusement mes sources et vérifie au maximum la véracité des informations recueillies!)

Je disais donc… religion ! Je ne vais pas entrer dans les détails et spécificités des baptêmes catholiques et protestants (et encore moins ceux des rituels d’autres orientations religieuses), mais voici ce que je retiens de mes recherches :

Baptiser un enfant, c’est le faire entrer dans la famille de Dieu et l’accueillir dans la communauté religieuse. Et, dans ce contexte, les parrain/marraine sont les témoins et les accompagnants de cet accueil dans la vie et dans la foi. Ils s’engagent à partager leur savoir, à transmettre les valeurs prônées par la religion en question et à garantir que l’enfant profite des meilleures conditions afin de trouver sa place dans la communauté religieuse.

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Et si on n’est pas croyant ?

De nos jours (et depuis relativement longtemps déjà), le concept des parrain/marraine n’est plus exclusivement réservé aux croyants et aux communautés religieuses. Le rôle s’est en partie distancié de la religion et a glissé vers une interprétation plus large des termes d' »accompagnement » et de « partage ». Ainsi, les parrain/marraine deviennent des « adultes de référence » suppléants aux parents, ceux vers qui l’enfant pourra se tourner, sur lesquels il pourra compter et à qui il pourra poser des questions, notamment celles qu’il n’osera pas poser à papa et maman. Les parrain/marraine deviennent alors des « gardiens du bien-être » de l’enfant, et des alliés de son intégration et de son épanouissement dans la société.

Notez qu’à ma connaissance, il arrive également que certains parents baptisent religieusement leur enfant tout en ayant choisi les parrain/marraine selon ces symboliques « non-religieuses », et non pour leur engagement à transmettre leur foi et à accompagner religieusement l’enfant.

C’est par exemple le cas de Cécile et Patrick pour qui, malgré un baptême religieux, la désignation des parrain/marraine a été une façon d’intégrer à leur famille des personnes qui leur sont chères mais avec qui ils ne partagent pas de liens du sang, afin qu’ils fassent pour toujours partie de leur vie et de celle de leur enfant. Ce choix s’est fait selon cette réflexion: « c’est quelqu’un sur qui nous savons que nous pouvons compter, et sur qui notre enfant pourra compter quoi qu’il arrive ». C’est d’ailleurs selon ces principes que Cécile voit son propre rôle de marraine (établi lors d’un baptême religieux), renforcés par la volonté de passer des moments privilégiés avec son filleul, afin de construire une vraie relation durable et établir une réelle complicité.

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Mais des parrain/marraine sans baptême religieux, ça compte quand même ?

Qui sont alors ces parrains et marraines « hors religion », ces « tuteurs de cœur » non-officiels ? Est-ce que le fait que leur statut ne soit pas ratifié lors d’une cérémonie religieuse rend leur rôle moins important? Je me permets là de vous donner mon avis: absolument pas!

Pour beaucoup (moi y compris!), l’engagement moral est de loin le plus précieux. Lorsque l’on accepte le rôle de parrain/marraine (ou quand on le « donne »), c’est une décision qui ne se prend pas à la légère ! C’est une « tâche » pour laquelle on doit être disposé à s’investir, qu’il y ait officialisation ou non. On s’engage moralement et symboliquement à être cet « ange gardien » de cœur, à la présence rassurante et à la disponibilité sans faille.

C’est d’ailleurs ce qui peut « faire peur » ! Alessia me le confiait : « être désignée marraine était pour moi un grand défi et j’avais très peur de ne pas être à la hauteur. N’ayant jamais eu de bébés dans mon entourage avant, j’ai mis du temps à créer un lien avec mon filleul ». A l’inverse, Virginie me disait que pour elle, être désignée marraine avait comme créé un lien immédiat avec l’enfant, un amour instantané et une union « pour toujours »  de familles, pourtant sans lien de parenté.

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Y a-t-il des critères de choix pour désigner les bons parrain/marraine ?

Selon moi ? Non! Chacun fait son choix selon ses propres critères, ses propres attentes et ses propres besoins.

Aujourd’hui maman, Alessia me racontait que pour son enfant, le choix de la marraine (celui du parrain ayant été laissé au papa, comme c’est parfois le cas) fut une évidence! Hors de toute considération religieuse, c’était une manière de dire à son amie « je crée un lien entre nous, tu es mon amie aujourd’hui, mais aussi demain ».

Cette idée fait écho aux choix de Madrine et Joël, pour qui désigner des parrain/marraine était une façon de donner une importance toute particulière à deux proches, à des personnes qui ont toujours été présentes pour eux et avec lesquelles ils désirent partager leur vie de famille à venir. Bien entendu, ils ont également choisi ces proches pour ce qu’ils pourraient apporter à l’enfant: une ouverture d’esprit, une approche différente de la vie et une oreille attentive.

Marie et Denis, parents de trois enfants, ont basé leurs choix sur des arguments similaires, privilégiant ainsi les amis de longue date, dont la fidélité et la constante présence assuraient des parrains et marraines de 1er choix. (Je l’avoue, étant marraine de leur aîné, l’objectivité de la mention « 1er choix » peut être remise en question!)

Madrine m’a également fait part d’une autre « casquette » qui peut être donnée à ces parrain/marraine (sans obligation et sans pression aucune !) : celle d’un soutien et d’une « épaule » pour les parents, qui embarquent pour l’aventure humaine la plus forte qui soit. Je la rejoins volontiers sur ce point, et pense que les parrain/marraine sont également là pour accompagner les parents dans leur nouvelle vie, pour partager les bons moments comme pour les soutenir et les soulager dans les périodes plus difficiles.

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Officialiser sans baptiser, c’est possible?

Oui, tout à fait!

Chez nos voisins français, il existe la possibilité de faire ce que l’on appelle un baptême civil, également qualifié de baptême républicain. Pour la petite histoire, le concept du baptême civil en France est né de révolutionnaires de 1789 anticléricaux, qui ont instauré cette pratique au même titre que le mariage civil, afin de contrer l’église. Pendant de très nombreuses décennies, le baptême civil est « passé aux oubliettes », avant d’être remis au goût du jour par le biais et l’influence des cérémonies en plein air de nos amis américains. Il existe donc, en France, certaines mairies qui pratiquent le baptême civil, permettant ainsi d’accueillir officiellement l’enfant dans la communauté des citoyens et de lui désigner, officiellement également, un parrain et une marraine. Notez que le déroulé et le « ton » d’un baptême civil sont sensiblement les mêmes que pour un mariage civil.

A ma connaissance, une telle pratique n’a pas lieu dans notre contrée. Par conséquent, les parents souhaitant officialiser l’accueil de leur enfant dans leur communauté et lui désigner publiquement un parrain et une marraine peuvent se tourner vers une cérémonie laïque, appelée cérémonie de naissance ou encore cérémonie de parrainage. C’est une cérémonie où tout est possible, permettant de célébrer et symboliser l’arrivée de l’enfant dans la vie. C’est un moment de partage qui se crée sur mesure, selon les croyances et les valeurs des parents. C’est bien sûr l’occasion d’engager officiellement les parrain/marraine dans leur mission (un contrat d’engagement symbolique créé sur mesure peut être proposé!) et de fêter les liens par lesquels ils sont unis à l’enfant. Je vous invite à en découvrir davantage sur les cérémonies de naissance en cliquant ici.

Et légalement dans tout ça ?

Il est souvent dit que les parrain/marraine (d’enfants baptisés religieusement ou non) sont les personnes qui prendront en charge l’enfant dans le cas de la disparition des deux parents. Sachez qu’il n’y a cependant aucune valeur légale à cet engagement, et cela même si un document est signé lors de la cérémonie (religieuse ou laïque)! En effet, en cas de décès des parents, un tuteur légal sera désigné et aura la responsabilité de l’enfant, tout en notant qu’il n’est pas exclu que ce soit le parrain ou la marraine qui occupe également cette fonction.

Marie et Denis, comme beaucoup d’autres couples, ont justement pris en considération ce cas de figure dans les choix de parrains et marraines de leurs trois enfants. Même si, concrètement, ces personnes ne seraient probablement pas celles ayant la garde de leurs enfants en cas de décès, ils ont réfléchi à leurs choix en ayant cette réflexion en tête: « ce sont des proches à qui nous nous verrions les confier ».

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Pour conclure…

… les parrains et marraines sont uniques. Ils sont à la fois ce que les parents attendent d’eux, et ce qu’ils sont prêts à donner. Les parrain/marraine sont le reflet d’une amitié, d’une complicité et d’une relation de confiance particulière entre les parents et certains de leurs proches. Les parrain/marraine évolueront au gré de leur vie et de celle de leur protégé, pour endosser tour à tour différents rôles, parfois ami, parfois complice, parfois compère, parfois gardien, parfois voix de sagesse.

Je souhaite à chacun d’avoir le bonheur d’être parrain/marraine, et la richesse d’en avoir de précieux.

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